mardi, mars 13, 2007

"Les bienveillantes"

Mon rôle n'est pas de faire une critique littéraire dans les règles de l’art. Je veux seulement donner mes impressions sur un opus lauréat du prestigieux prix Goncourt : "les bienveillantes".
C'est le genre de livres dont nous pouvons tirer beaucoup d'enseignement. Oui ça parle d'un officier SS SS-Sturmbannführer Dr Aue, fruit de l'imagination de l'auteur mais qu'on trouve à chaque moment important de la deuxième guerre mondiale et qui a côtoyé des personnages important du III Reich comme le Reichsführer Himmler ou Speer et même Eichmann.
Une de critiques qu'on peut faire à ce livre est d'avoir humaniser un bourreau. Mais c'est une attitude typiquement humaine refusant de voir que l'Homme est capable du pire et qu'elle n'accepte de ce fait qu'en le diabolisant, c.-à-d. le déshumaniser. Nous rejetons toujours cette réalité et nous tenons beaucoup à l’innocence originelle de l’Homme qu’on peine à voir.
L'apport de ce livre est d’amener le lecteur de voir les mécanismes de fonctionnement de l'état nazi de l'intérieur. Mais ceci ne veut dire en aucun que cette fiction peut se substituer à des références historiques.
Un des autres critiques à l'adresse des "bienveillantes" est l'emploi dirons certains des termes techniques tel que RSHA, OKW, IKL, AMT qui peut dérouter plus d'un. Mais ceci ne fait que montrer la maitrise et sa compréhension de l'auteur du contexte de l'état nazi.
Un autre aspect était le fait que le personnage principal du livre était un incestueux, homosexuel et auteur d'un matricide (la totale nous pourrions dire). Mais ce fait ne doit pas occulter le fait que la destruction des juifs, tsiganes et autres était effectués par des personnes ordinaires.et le paradoxe est que la critique et vision la plus perspicace était l'œuvre d'une personne atypique et non ordinaire. que certains faisaient consciencieusement leur travail comme tout bon fonctionnaire ou cherchaient à évoluer leurs carrières au sein de la SD ou SP (deux entités de la SS).
De plus, la condition des victimes étaient décrites avec beaucoup de justesse sans tomber dans le misérabilisme. Ce qui est étonnant est la quasi acceptation des victimes et leur résignation (et même la collaboration de certains), mais que peut-on faire quand il n'y a plus d'espoir?
A la fin, la description des crimes commis par les russes après leur offensive sur le font de l'Est et les bombardements alliés des villes allemandes, nous rappellent que l'Histoire est toujours celle des vainqueurs et que la guerre ne peut être que source de malheur et de désolation. Il n'y a pas de guerre juste.
je dirais que ce livre est bon à lire mais vous deviez vous munir de beaucoup de courage pour lire les 900 pages mais je peux vous assurer que vous apprécierez beaucoup cette lecture et vous serez amener à tout savoir sur la deuxième guerre mondiale.
IK


PS le titre du livre renvoie à une tragédie d'Eschyle, Les Euménides.

4 Comments:

At 9:38 PM, Blogger Roumi said...

@imperator : c'est une très bonne présentation de livre... je ne l'ai pas lu mais je trouve que tu présentes les choses de manière intéressante... :) ça peut donner envie de lire ce livre... sauf que tu as dit le truc qui tue... "900 pages"... :))

 
At 10:22 AM, Anonymous OutSider said...

En tant qu'un amateur zélé des l'histoire de la seconde guerre mondiale et surtout telle que vécue par les allemands, j'étais naturellement intéressé par la lecture de ce livre qui a rencontré un vif succès auprès du public et des critiques et s'est vu descerner le prix Goncourt 2006.
Le livre a réussi à m'étonner dès le début surtout qu'il est écrit en un français impeccable de 900 pages par un américain et qui, en plus, c'est sa première oeuvre littéraire!
l'écrivain a excellé aussi dans l'art de stresser le lecteur par sa maîtrise extraordinaire des termes techniques militaires et organisationnels allemands(Ô combien difficiles même pour un passionné comme moi :), par la diversité des personnages, et par l'enchaînement des évènements historiques. Son récit nous amène à travers les zones de combats du fronts de l'Est et nous fournit une description qui vous plonge directement dans le décor, résolument affreux, de la guerre.
J'ai rien à critiquer concernant l'aspect et la richesse historique du roman malgré son caratère fictif. D'un point de vue littéraire, je trouve que l'auteur en fait trop concernant la complexité du personnage qui peut être affreusement logique et rationnel pour sombrer sans justification dans l'aliéanité et la schizophrénie sévère. Le côté narratif et descriptif, ainsi que le souci parfois exagéré des détails a pesé sur la cohérence du roman et l'équilibre de sa structure. Ainsi à la fin, la succession effrénée des évènements gâche le suspense et plonge subitement dans la médiocrité.(le meurtre de l'amant,les scènes de la poursuite des deux flics, le meurtre de Thomas...)
Je peu relever aussi le fait que l'auteur a usé un peu de sensationnel en s'attardant trop sur des détails de la persécution des juifs (sujet classique!.
reste à la fin de dire que le livre mérite bien le détour. Le must pour moi demeure le passage de début où l'auteur en le nom de son personnage principal et narrateur,l'Obesrsturmbannführer Dr Maximilien Aue philosophe sur la réalité de la vie, du plaisir et de la souffrance en affirmant que " l'ampleur du paisir de prédateur n'égale jamais celui de la souffrance de sa victime"..trés fort!!

 
At 10:42 AM, Blogger Imperator said...

Salut,
@roumi un bon livre ça pése :) et la qualité se mesure au kilos :) tu sais ce qu'il te reste à faire!
@outsider bienvenue dans mon humble blog.
je m'interesse aussi à l'Histoire seconde guerre mondiale mais pas zelé quand meme :)
je suis d'accord que l'ecriture est belle et on n'a rien à redire.
j'ai reussi à avoir une idée sur les grades des officiers allands avec ce livre et voir la haine réciproque en wehrmacht et SS.
Le livre atteint deuxpics avec les deux batailles importantes de seconde guerre mondiale seconde guerre mondiale qui est celle de Stalingrad et la chute de berlin.
j'ai bien aimé cette insistance sur la description des zoos et la réaction des animaux devant la stupidité des Hommes.
je crois que la complexité des personnages démontre bien que sous tout homme paraissant ordinaire il y a des personnalité complexes des histoires enfouis et de non dits qui nous poussent inconscienment vers certains voies.
oui la fin est peu rapide et je ne comprends pas à la disparition de Thoms personnage haut en couleur. mais la fibn etait absurde car toute cette guerre se resumait dans une absurdité et on voit les divers personnes impliqués recherchaient des vois de sortie meme les plus rocamblesques.
je crois que Dr aue n'est un Obesrtsturmbannführer c'est plutot Thomas?
Encore merci pour ta contribution :)
IK

 
At 11:16 AM, Blogger 24Faubourg said...

bon livre oui, mais c'est de la propagande

 

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